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Poubelles du Futur à l’ESB : épisode 3

Le vendredi 20 janvier dernier, une douzaine d’étudiants en troisième année à l’École Supérieure du Bois de Nantes ont présenté les résultats de leur étude portant sur deux prototypes de « poubelles du futur ». Dans la lignée du projet lancé en 2015, sous la direction de Sébastien Rincé, enseignant en technologies du bois et responsable du « cycle logistique et production », les élèves ingénieurs ont poursuivi le travail réalisé ces deux dernières années par leurs camarades de promotion du « cycle innovation ». Ils ont été évalués sur les plans technique et commercial. Et si ces ressourceries intelligentes sont encore expérimentales à ce jour, le bilan n’en reste pas moins encourageant.

Les deux groupes d’étudiants ont présenté leur projet au jury commercial.

Monster Bin et BinBox (ex Panier Piano), les deux prototypes essentiellement réalisés en bois, avaient fière allure au beau milieu de la salle Merisier de l’ESB. Le premier, un gentil monstre sur pieds, sur l’un desquels on fait pression pour choisir le bon bac (carton, plastique / aluminium, verre, ordures ménagères), a été pensé pour revaloriser les déchets et créer du lien social, mais surtout pour sensibiliser les jeunes publics au tri, via une utilisation ludique. Le second, de forme hexagonale, a été conçu à partir de plusieurs essences de bois (châtaigner, douglas, chêne, peuplier) et possède quant à lui la particularité d’émettre une note de musique dès qu’on y dépose un déchet. Là aussi, les étudiants l’ont d’abord imaginé pour faire adopter les bons réflexes aux enfants. D’un côté comme de l’autre, l’innovation fut en tout cas au rendez-vous.

Samuel Tiercelin, qui a assisté aux soutenances commerciales glissant les étudiants dans la peau d’ingénieurs invités à convaincre un fournisseur d’industrialiser leur produit, a salué la qualité du contenu des prestations : « Il y a plein de bonnes idées. J’imagine bien Monster Bin déguisé en Obélix au Parc Astérix, pour faire en sorte que parents et enfants trient mieux leurs déchets et avec le sourire ! » La forme, elle, reste encore à travailler. Une nécessité pour envisager de vendre un jour ces poubelles (si on peut encore les appeler ainsi !) qui pourraient demain changer notre quotidien. Bien conscient qu’on évolue aujourd’hui dans un monde où la communication est devenue un enjeu majeur, le directeur de l’association Open Odyssey envisage notamment d’organiser, en amont de la soutenance finale, des répétitions générales à blanc pour « permettre aux étudiants d’avoir un retour d’expérience et les aider ainsi à améliorer leur argumentaire commercial ». Il a aussi encouragé ces néo-professionnels du bois, maintenant prêts à faire leur entrée dans la vie active, à s’inspirer des conférences TED, afin d’adopter un discours plus accrocheur et impactant. « Il faut raconter une histoire ! »

Anne-Laure Mariotte, présidente du jury commercial, rejoint l’avis de Samuel Tiercelin : « Sur le fond, un vrai travail a été fait. Il y a effectivement un problème dans l’expression de ce travail. L’exercice n’est pas simple non plus. Nous les mettons en situation face à une entreprise virtuelle, mais en face d’eux ça reste trois enseignants et autant de professionnels. C’est déstabilisant, surtout pour des étudiants qui sortent pour la plupart de classes préparatoires, où on a plutôt tendance à aligner les chiffres qu’à s’exprimer… Ils sont parfois restés dans une forme plus scolaire que commerciale mais l’ensemble est très encourageant. Le deuxième groupe (Bin Box) s’en est bien sorti, avec notamment deux étudiants très à l’aise à l’oral. Dans les deux cas, il aurait également fallu davantage aborder les poubelles du côté des usages. Mais les notes que nous leur avons attribuées montrent qu’ils sont sur la bonne voie. » Et il n’y a surtout rien à jeter à la poubelle !

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