The Blog

Le Pôle Design anime la Transition Positive

Pendant une semaine, du 10 au 17 octobre derniers, 60 étudiants en BTS « Design Graphique » au Lycée Léonard de Vinci de Montaigu ont été invités à dessiner et mettre en musique leur vision du monde, dans le cadre de la « Semaine de l’animation ». D’aujourd’hui à demain, embarquez avec eux pour un voyage sans fin, imaginaire et poétique, rempli de vérités et surtout de sens !

Les 60 étudiants de 1ère et 2ème année de BTS ont les yeux rivés sur la Transition Positive...

Les 60 étudiants de 1ère et 2ème année de BTS ont les yeux rivés sur la Transition Positive…

Depuis quelques années, la semaine de rentrée de la section BTS « Design Graphique » du Pôle Design de Montaigu est consacrée à la conception et à la réalisation de courtes séquences d’animation. À partir d’une sélection de techniques d’animation très diversifiées (rotoscopie, pixilation, papier découpé, sable, pâte à modeler, dessin animé, peinture animée, animation 2D, animation 3D, etc.), les étudiants doivent s’organiser collectivement pour satisfaire un cahier des charges précis et un planning contraignant. Un vrai travail d’équipe, d’échanges et de partage, autour cette année de la « Transition Positive », thématique chère à Open Odyssey, qui a accompagné la dynamique.

Le lundi 17 octobre, la promotion – 60 élèves de première et deuxième année de BTS répartis en 10 groupes –, l’équipe encadrante et le corps enseignant se sont retrouvés au cinéma-théâtre Saint-Paul de Rezé pour la clôture de l’événement. À l’écran, les animations se sont succédé. Puis, sur scène, les étudiants ont mis en lumière leurs projets et éclairé leurs choix, techniques et musicaux notamment. Voyons ensemble comment cette jeunesse retranscrit La Transition Positive et se projette dans le monde de demain, de manière abstraite et non figurative…

Les étudiants ont expliqué leurs projets à l'issue des projections.

Les étudiants ont expliqué leurs projets à l’issue des projections.

Projet « 135 BPM »
« Pour traduire la Transition Positive, nous avons choisi de travailler sur les émotions, en rythme, avec une musique calée à 135 battements par minute (BPM), l’unité de mesure de vitesse du coeur humain. On a d’abord mis l’accent sur la société actuelle, avec une vision plutôt négative des choses. Au début de notre animation, on peut donc ressentir des émotions telles que l’angoisse, la colère, la tristesse le désespoir, avec des motifs géométriques. Puis on bascule vers la joie, l’amour, en s’appuyant sur des motifs psychédéliques, plus fluides, dans le style des années 60. »

Projet « TILEGNAE » :
« Pour nous, la transition s’exprime par la symbiose entre cellules humaines et organiques. Dans un premier temps, on voit un élément violet venir les engluer, dans un environnement chaotique, avant l’arrivée de cellules vertes qui produisent d’abord une réaction de rejet, avant une acceptation. Ces cellules se mélangent. L’atmosphère devient plus calme, plus saine. En cohabitant, en communiquant et en échangeant des capacités, deux organismes peuvent donc devenir plus forts et trouver ensemble des solutions pour se développer dans un monde devenu hostile. C’est une animation chargée en métaphores. Ces nouvelles cellules symbolisent notamment la jeunesse, sur laquelle on doit s’appuyer. Pourquoi ce nom Tilegnae ? Parce que c’est une anagramme du mot gélatine, matière à partir de laquelle nous avons travaillé… »

Projet « IRIS »
« Le premier regard est celui d’Iris. On est plongé dedans. À l’intérieur, on y voit une multitude de pétales, de différentes couleurs et textures, qui démontrent la richesse du monde. Et à la fin on distingue plein de regards. Ce sont vos regards à toutes et tous, vos yeux grands ouverts qui regardent le monde évoluer. C’est cette mutation qu’on a voulu mettre en images, car on a remarqué que pour changer, il faut passer par plusieurs étapes. Ce n’est pas toujours facile, il y a des échecs, on peut parfois se sentir perdu. Mais à force d’être ensemble et avec de la persévérance, on peut rendre les choses, à priori impossibles, possibles. »

Projet « ANIMA »
« Nous avons utilisé la technique du « Stop Motion ». Cela a représenté beaucoup de travail. À titre d’exemple, la forme qui se développe contient plus de 500 images ! La Transition Positive s’exprime à travers cette petite lumière, qui va se développer et prendre son indépendance, sa liberté, en sortant du cadre qui constitue la règle. En prenant de l’ampleur, elle occupe petit à petit tout l’espace. Le blanc devient omniprésent, comme une lueur d’espoir, une illumination créative. On voit donc bien la transition entre deux univers. Le premier où la créativité est enfermée dans un cadre, celui de la société. Et le second, plus lumineux, plus ouvert, qui laisse place à l’expression. Nous sommes contents du résultat final. Ce projet nous a en tout cas appris à rebondir, en identifiant nos erreurs et en cherchant à les corriger. »

Projet « FONDATIONS »
« Créer quelque chose à partir de rien, c’est notre idée. Construire différemment aussi pour mettre en marche la Transition Positive. Nous sommes donc partis d’aplats en noir et blanc en allant jusqu’à des formes géométriques et volumineuses avec de la couleur. Tout a été conçu à partir de papiers découpés. Nous avons notamment confectionné des cônes de 2 millimètres de hauteur… Cela donne une idée de la complexité ! On a choisi d’avoir recours au papier, car il a été le premier moyen utilisé pour les dessins animés. Nous nous sommes aussi inspirés de l’art déco et des mouvements colorimétriques du début du 20e siècle. L’artiste Robert Delaunay a notamment été une source d’inspiration, au niveau des couleurs et des formes. »

Projet « ORBITACLE »
« Orbitacle est une molécule qui ressemble au signe de l’infini. Elle symbolise le côté perpétuel de la transition, depuis le début de la création de la Terre jusqu’à aujourd’hui. Dans la première partie de l’animation, c’est le monde actuel qui est représenté, avec des formes géométriques, des carrés, des lignes droites. Un environnement très limité qui explose rapidement en une infinité de molécules (1650 images et 1224 sphères à animer !). C’est autant d’idées qui se séparent, puis se rassemblent dans un monde meilleur, plus harmonieux, fluide, qui grouille de vie. Le tout sur une musique très rythmée, on doit bien l’avouer ! Au niveau des techniques, nous avons uniquement utilisé le numérique (after effect, cinéma 4D). »

Projet « VIRYA »
« Le titre du projet fait référence à un terme bouddhique désignant une énergie vouée à combattre les états d’esprit mauvais, une culture de la persévérance. C’est justement autour de l’énergie, sous toutes ses formes, qu’on a voulu travailler. Une énergie matérielle, spirituelle, intérieure… On peut donc interpréter ce court métrage comme une transition de l’énergie néfaste à l’énergie renouvelable. La première substance qui apparaît à l’écran renvoie au charbon et au pétrole. Arrive ensuite le nucléaire, puis le blanc symbolisant la pureté. C’est le travail d’un artiste ayant exposé au festival Scopitone qui nous a notamment inspirés. Son oeuvre représentait la vie d’une étoile, de sa naissance jusqu’à sa mort. »

Projet « L’AUTRE CÔTÉ »
« On a considéré la transition comme le passage d’un état A (aujourd’hui) à un état B (demain). On a choisi l’image du tunnel parce que ça symbolise ce voyage, cette aventure, entre le monde d’aujourd’hui et celui de demain. Le premier est caractérisé par des formes plutôt rigides, accompagné d’une musique saccadée et de couleurs assez pâles. Le second laisse place à des formes plus douces, ondulantes, avec une musique dynamique et harmonieuse. On n’a pas voulu non plus tomber dans le cliché du « aujourd’hui c’est pas bien », parce qu’il y a plein de belles choses qui se passent, des initiatives qui ont du sens, des progrès à différents niveaux, dans la science notamment, le développement des énergies renouvelables… On a un avenir ! On a donc juste voulu montrer qu’il y avait des petits problèmes. On les a matérialisés par une grande machine, qui s’enraye parfois, avec des morceaux de papiers qui viennent coincer certains rouages. Tout a été réalisé en numérique. »

Projet « YMIR »
« Ce nom, c’est celui d’un géant de la mythologie nordique, sur la dépouille duquel le monde s’est construit… On passe ici d’un univers mort, froid, chaotique, acéré, à quelque chose de plus doux, harmonieux, régulier, coloré, avec une musique d’abord lente et pesante, puis riche et rythmée. Une explosion diffuse une onde positive, celle de la transition, qui se propage à l’infini. On s’est notamment inspiré d’un tableau intitulé « La Mer de glace », dessiné par Caspar David Friedrich, un artiste romantique. Tout a réalisé en 3D. Au total, ce sont plus de 200 heures de rendu ! C’était un vrai défi technique. On est donc heureux d’avoir fait quelque chose de bien tous ensemble. Et finalement, on se rend compte qu’on est nous aussi des acteurs de la Transition Positive !« 

Projet « FUTURA »
« On s’est douté que le psychédélisme et la géométrie seraient récurrents dans les projets de nos collègues, alors on a voulu innover et partir sur quelque chose qui peut paraître plus figuratif mais qui ne l’est pas du tout si on prend caractère par caractère. On distingue la transition dans le choix des typographies. Elles sont très dures au début et se réfèrent à l’ère industrielle. La principale difficulté pour nous a été de traduire de manière sonore des choses visuelles. On a donc passé beaucoup de temps a épluché les banques sons, à choisir nos bruitages. Il a tout fallu calculer par rapport au rythme de l’animation, dans laquelle on passe d’un monde inhospitalier, noir, routinier, à un univers plus épuré et sur fond blanc par opposition. Le point de chute symbolise lui l’ouverture sur le monde et vers l’avenir. C’est notre vision de la Transition Positive. »

L’avis d’Alberic Chemana, professeur, organisateur de la « Semaine de l’animation » :
« Les étudiants ont d’abord dû réfléchir à un concept, puis définir un synopsis, avant de réaliser un story-board. Ils sont passés par plein d’émotions : l’émulation, le stress, la fatigue, les sueurs froides… Ils ont vécu une expérience forte en équipe, c’était notre volonté. Nous avons choisi de les faire travailler sur la thématique de la Transition Positive, en partenariat avec Open Odyssey, pour les amener à poser leur regard sur le monde demain. Ils ont été créatifs et techniques, y ont passé beaucoup de temps et se sont donnés les moyens de leurs ambitions. On ne peut que les féliciter ! À l’arrivée, on découvre des univers graphiques, plastiques, fantasmagoriques, de rêverie, d’imaginaire, qui sont tous très singuliers. Il y a de la profondeur dans leurs créations. Ce qu’ils ont réalisé, dans un laps de temps très court, c’est remarquable. »

Le ressenti de Samuel Tiercelin, directeur d’Open Odyssey :
« Quel travail ! Quel niveau technique ! Et si j’ai beaucoup apprécié, à leur juste valeur, toutes ces réalisations, j’ai aussi été séduit par les discours des étudiants, qui sont venus argumenter leur projet. J’ai ressenti une énergie collective souvent même de l’émotion. C’est par ce biais qu’ils peuvent faire passer des messages, accélérer la prise de conscience pour basculer dans un monde meilleur. Le conseil que j’ai à leur donner, c’est de continuer à mettre du sens dans tout ce qu’ils créent aujourd’hui et créeront demain. Ils sont toutes et tous en capacité de réaliser de belles et grandes choses, mais je les encourage à aller au-delà pour faire bouger les consciences grâce aux supports créatifs qu’ils réaliseront tout au long de leur vie. Je leur dis bravo pour le travail réalisé et le chemin parcouru. La belle histoire entre Open Odyssey et le Pôle Design de Montaigu continue ! »

Tags: , ,